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Diabéto-Cardio

Publié le 01 déc 2021Lecture 3 min

Existe-t-il un lien entre complications vasculaires et cancer chez les patients vivant avec un diabète de type 2 ?

Patrice DARMON, CHU Conception, Marseille

Le diabète de type 2 expose au risque bien connu de complications micro- et macrovasculaires mais il est aussi associé à un risque accru de cancer. Certains facteurs de risque sont communs à ces deux grands types de comorbidités (vieillissement, sexe masculin, obésité, tabac, alcool…) dont il est intéressant de noter qu’elles partagent certains mécanismes physiopathologiques (insulinorésistance-hyperinsulinémie, hyperglycémie chronique, inflammation de bas grade, stress oxydant…). Si dans la célèbre étude ADVANCE on retrouvait une association significative entre complications touchant les membres inférieurs (artériopathie ou neuropathie) et risque de décès par cancer à 5 ans, il n’existe à ce jour que très peu de données évaluant les liens qui pourraient exister entre complications vasculaires et cancer chez les patients DT2.

Le diabète de type 2 expose au risque bien connu de complications micro- et macrovasculaires mais il est aussi associé à un risque accru de cancer. Certains facteurs de risque sont communs à ces deux grands types de comorbidités (vieillissement, sexe masculin, obésité, tabac, alcool…) dont il est intéressant de noter qu’elles partagent certains mécanismes physiopathologiques (insulinorésistance-hyperinsulinémie, hyperglycémie chronique, inflammation de bas grade, stress oxydant…). Si dans la célèbre étude ADVANCE on retrouvait une association significative entre complications touchant les membres inférieurs (artériopathie ou neuropathie) et risque de décès par cancer à 5 ans, il n’existe à ce jour que très peu de données évaluant les liens qui pourraient exister entre complications vasculaires et cancer chez les patients DT2. C’est l’objet de l’étude publiée par l’équipe de Samy Hadjadj à partir des données de la cohorte poitevine SURDIAGENE, destinée au départ à mieux comprendre les déterminants génétiques et environnementaux des complications du DT2. Les données présentées concernent 1 468 patients inclus entre 2012 et 2012 (hommes 58 %, âge moyen 64,8 ans, ancienneté du diabète 14,5 ans, fumeurs et anciens fumeurs 58 %, complications micro- ou macrovasculaires 57 %) ; initialement, 8 % des patients avaient un antécédent de cancer. En croisant leurs données avec celles du Registre général des cancers de Poitou-Charentes, les auteurs ont pu connaître le statut « oncologique » de ces patients, avec le recueil des nouveaux cas de cancer (excluant les récidives) mais également celui du nombre de cancers évolutifs (apparition d’une localisation secondaire) et de décès liés à un cancer. Au cours d’un suivi moyen de 7,3 ans, 207 nouveaux cas de cancer (14 %) ont été recensés, avec trois facteurs de risque indépendants d’apparition de ces nouveaux cas : l’âge, le tabac et les antécédents personnels de cancer ; 543 décès sont survenus pendant le suivi (77 liés à un cancer, 307 liés à une maladie cardiovasculaire). Il n’existe pas de lien significatif entre l’existence de complications microvasculaires et/ou macrovasculaires du diabète et événements liés au cancer (incidence, progression ou décès). On ne retrouve pas non plus d’influence particulière de l’HbA1c ou de l’ancienneté du diabète. Le risque de mortalité totale est augmenté chez les patients présentant un antécédent de cancer (Hazard Ratio 1,79 [IC95% 1,31-2,44]) mais c’est également le cas pour le risque de mortalité cardiovasculaire après ajustement pour l’âge, le sexe, l’ancienneté du diabète, la pression artérielle et le tabagisme (HR ajusté 2,01 [IC95% 1,36-2,98], p = 0,0005). Ce travail est l’un des tout premiers à tenter d’analyser les liens entre complications micro- et macrovasculaires et cancer chez les patients DT2, et il conclut à l’absence d’association entre ces deux comorbidités alors qu’elles partagent certains mécanismes physiopathologiques. Il sera tout de même nécessaire de disposer d’études menées sur de plus grands effectifs et avec un vrai suivi prospectif (et non pas uniquement l’analyse de registres) pour pouvoir se faire une idée plus précise de la question. On soulignera également le sur-risque de mortalité cardiovasculaire retrouvé chez les patients DT2 avec antécédent de cancer (moindre adhésion aux traitements cardioprotecteurs ? rôle des antimitotiques cardiotoxiques ? « fragilité » plus globale ?…) qui doivent donc bénéficier d’une attention toute particulière sur ce point. Publié par Diabétologie Pratique

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