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Diabéto-Cardio

Publié le 30 avr 2019Lecture 2 min

Le diabète gestationnel est un facteur de risque cardiovasculaire, indépendamment de la survenue ultérieure d’un diabète de type 2

Patrice DARMON, Marseille

La survenue d’un diabète gestationnel (DG) expose les mères à une forte majoration du risque de développer un diabète de type 2 (DT2) dans les 10 ans qui suivent l’accouchement (risque x 7 et prévalence du DT2 entre 20 et 70 % selon des études anciennes, risque x 5 et prévalence du DT2 de 10 % selon les données de l’étude HAPO avec la modification à la baisse des critères diagnostiques). De nombreuses études suggèrent également que les femmes ayant développé un DG présentent un risque accru de complications cardiovasculaires à moyen ou long terme. Toutefois, l’ampleur de ce risque varie selon les études et, surtout, on ne sait pas avec certitude si la relation entre DG et complications cardiovasculaires est indépendante ou non de la survenue ultérieure d’un DT2.

Kramer et coll. publient dans Diabetologia les résultats d’une revue systématique et d’une métaanalyse d’études observationnelles pour tenter d’apporter une réponse à cette question. Sur 1 737 études identifiées, ils n’en ont au final retenu que 9, toutes publiées entre 2013 et 2018. Ces études regroupent au total plus de 5,3 millions de femmes, suivies entre 1 et 25 ans, avec plus de 100 000 événements cardiovasculaires recensés. La survenue d’un DG est associée à un risque accru d’événements cardiovasculaires (RR 1,98 [IC95% : 1,57-2,50]), avec toutefois une hétérogénéité de la force de l’association selon les études, expliquée en partie par la taille variable des cohortes ; néanmoins, en ne conservant que les 3 plus grandes études (plus de 4 millions de sujets), le risque reste significatif (RR 1,52 [IC95% : 1,48-1,56]), sans hétérogénéité entre les études. Les auteurs ont ensuite conduit deux analyses de sensibilité : la première montre que le risque d’événements cardiovasculaires chez les femmes ayant présenté un DG est encore plus important dans la première décennie suivant l’accouchement (RR 2,31 [IC95% : 1,57-3,39]) ; la seconde montre que ce risque reste significatif après exclusion des femmes ayant développé ultérieurement un DT2 (RR 1,56 [IC95% : 1,04-2,32]). Ces résultats suggèrent qu’il existe bien un excès de risque cardiovasculaire chez les femmes ayant présenté un DG, que cet excès de risque est plus marqué dans les 10 premières années après l’accouchement et concerne donc des femmes jeunes, et qu’il est indépendant de la survenue ultérieure d’un DT2 : ainsi, toutes les femmes ayant présenté un DG seraient, de fait, candidates à des mesures de prévention cardiovasculaire primaire et de dépistage. Comme souligné par les auteurs, cet excès de risque n’est donc pas lié uniquement à l’hyperglycémie, mais sans doute aussi aux autres anomalies clinico-biologiques fréquemment retrouvées chez ces patientes avant, pendant et après le DG (dyslipidémie, hypertension artérielle, élévation de la protéine-C réactive, hypoadiponectinémie…). De futurs travaux sont nécessaires afin de préciser la part de chacun de ces facteurs dans l’excès de risque cardiovasculaire observé chez les patientes ayant présenté un DG. "Publié par Diabétologie Pratique"

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