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Lu pour vous

Publié le 15 déc 2021Lecture 3 min

De la qualité plus que de la quantité !

Jimmy DAVAINE, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris

On l’aura compris en lisant notamment les dernières recommandations européennes en la matière (Eur J Vasc Endovasc Surg 2018 ; 55 : 305-68), avoir plus d’éléments que le seul degré de sténose serait un apport considérable dans la stratification du risque chirurgical des patients porteurs d’une sténose carotidienne asymptomatique. Les progrès de l’imagerie permettent d’évaluer de plus en plus précisément les aspects morphologiques des plaques et de rechercher les critères de plaque instable. Néanmoins, ces aspects pour être validés doivent être corrélés à la réalité clinique et biologique. C’est ce que propose ce travail en comparant scanner, biologie et histologie.

Une sélection de plaques carotidiennes a été réalisée sur la période 2006-2015. Les scanners (CTA) de certaines plaques étaient analysés à la recherche des caractéristiques morphologiques : coeur lipidique (LRNC), hémorragie intraplaque (IPH), matrice extracellulaire (MATX), calcification (CAL) et importance de la plaque (plaque burden, PB). On disposait de l’analyse histologique et de l’ARN de certaines plaques pour l’étude du transcriptome et de l’expression génique (microarray). Au total 93 patients ont été retenus dont 40 avec CTA + microarray et 53 avec scanner. La validité de la comparaison scanner et histologie a été préalablement établie. Les plaques riches en lipides (LRNC) avaient un profil inflammatoire et montraient une activation des voies de signalisation liées au métabolisme du cholestérol et de la résorption osseuse et une inhibition des voies associée à la prolifération cellulaire et à la calcification. Les plaques riches en CAL montraient une activation des voies liées à l’ossification et à l’inhibition des gènes associée à la dégradation de la matrice extracellulaire, le métabolisme lipidique et l’inflammation. Quant aux plaques avec IPH, on notait une activation des voies de l’inflammation, une angiogenèse et une inhibition de la migration/contraction des cellules musculaires lisses et de l’organisation de la matrice extracellullaire. À l’inverse, on ne notait pas de différence de profil biologique entre les plaques à haut degré de sténose par rapport aux plaques peu sténosantes. Les plaques très calcifiées étaient peu lipidiques (faible LRNC), présentaient peu d’IPH et avaient une faible quantité de MATX et un PB élevé. Les plaques avec LRNC avaient une chape fibreuse fine et un PB plus faible. Les plaques symptomatiques avaient un PB élevé et un fort LRNC en comparaison des plaques asymptomatiques. Cette étude (avec d’autres) ouvre une voie extrêmement prometteuse pour améliorer la sélection des patients qui vont bénéficier d’une chirurgie (ou pas). Il semble que les plaques très lipidiques et avec IPH sont instables et que les plaques très calcifiées le soient. Ces informations sont accessibles au scanner. De plus, l’imagerie va dans le même sens que la biologie. Il reste néanmoins beaucoup d’étapes de validation car il semble y avoir d’importants biais de sélection dans cette cohorte, des résultats contradictoires entre les caractères morphologiques et les données cliniques. D’autres études doivent valider ces résultats très prometteurs. Karlöf E et al. Eur J Vasc Endovasc Surg 2021 ; 62 : 716-26.

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