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HTA

30 nov 2011

L’hypertension artérielle masquée : une réalité

M. JOBBÉ-DUVAL, d’après la communication de J.-M. Mallion (Grenoble, France) à l’ESH 2011, à Milan

Le problème de l’hypertension masquée n’est pas anodin. Le diagnostic est basé sur deux examens : le premier consiste en la prise des chiffres tensionnels au cabinet et le second sur les chiffres obtenus, soit par MAPA, soit par automesure. Dès lors que les chiffres tensionnels sont normaux au cabinet mais élevés à la MAPA ou en automesure, on peut parler d’HTA masquée (tableau).

  Les conséquences sont de deux ordres : une atteinte des organes cibles et une augmentation de la morbimortalité. Dans un essai paru en 2004(10), 69 patients normotendus ont été comparés à 81 patients nouvellement hypertendus jamais traités avec une PAS comprise entre 140 et 180 mmHg et/ou une PAD comprise entre 90 et 110 mmHg. Les patients étaient suivis par échocardiographie, avec mesure de l’indice de masse ventriculaire gauche (IMVG) et écho-Doppler vasculaire avec mesure de l’épaisseur intima-média.   Chez les patients supposés normotendus, un pourcentage d’entre eux présentait une HTA masquée se traduisant par une augmentation significative de la masse ventriculaire gauche par rapport à la normale, ainsi que de l’épaisseur intima-média. Cela est confirmé avec l’étude de la vitesse de l’onde de pouls qui montre une vitesse plus importante chez les hypertendus masqués que chez les normotendus (9,58 m/s vs 8,59 m/s ; p = 0,02) et comparable à celle des hypertendus confirmés (10,25 m/s ; NS). Plusieurs études ont été pratiquées ces dernières années. • K. Bjorklund et al.(11) a montré chez 578 patients suivis pendant plus de 8 ans que ceux ayant une pression artérielle au cabinet à 140/90 mmHg, mais une HTA à la MAPA (Isolated Ambulatory Hypertension) ont un risque significativement supérieur de morbi-mortalité cardiaque. L’auteur a conclu qu’une HTA isolée ambulatoire était un marqueur de risque augmenté de morbidité cardiovasculaire indépendamment de la prise de la PA au cabinet. • G. Bobrie et al.(12) ont montré dans l’étude SHEAF réalisée par des cardiologues de ville français sur 4 939 patients hypertendus que sur 1150 patients contrôlés au cabinet, 463 présentaient une HTA masquée en ambulatoire (40 %). Le suivi a été de 3 ans ; le risque relatif de mortalité cardiovasculaire, qui était le critère primaire, était de 2,63 versus 2,17 pour les hypertendus et de 0,99 pour les HTA blouse blanche.   Les auteurs avaient conclu que, chez les patients âgés hypertendus, la surveillance par automesure permet de détecter des HTA masquées (figure 4).   Ces résultats ont été confirmés dans un essai ayant duré 10 ans(13) (OHASAMA) qui comparait le devenir de 1 332 patients hypertendus montrant que les HTA masquées découvertes par automesure avaient un risque supérieur à celui des hypertendus traités. Plusieurs métaanalyses ont déjà été réalisées sur ce sujet. La plus récente, publiée en 2011, montre que l’hypertension artérielle masquée multiplie par deux le risque cardiovasculaire (HR : 2,09 [1,55- 2,81] ; p = 0,0001)(14). L’HTA masquée détectée aussi bien par MAPA que par automesure est de mauvais pronostic.   « Publié dans un supplément de Cardiologie Pratique »

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