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Publié le 30 nov 2012Lecture 7 min

Où se fait l’activité de cardiologie interventionnelle en France ?

F. ALBERTa, M. PANSIERIb, a. CHG Chartres ; b. CHG Avignon
Les données récentes extraites du livre blanc du CNCH  Le Collège national des cardiologues des hôpitaux (CNCH) regroupe la cardiologie hospitalière non universitaire, les établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPIC ex PSPH) et les hôpitaux militaires, soit environ 400 hôpitaux et 2 300 cardiologues (38 % des cardiologues) dont 290 cardiologues interventionnels. En 2009, le CNCH devient le leader de l’activité en cardiologie avec 48 % de l’ensemble des séjours de cardiologie en France et une prise en charge des pathologies de niveau de gravité élevé, la cardiologie libérale et les CHU se partageant le reste de l’activité (figure 1).    Figure 1. L'activité de cardiologie en France est principalement réalisée par les établissements du CNCH qui assurent 48 % de l'activité totale.  Méthodologie du travail  Une analyse de l’ensemble des séjours de 2009 a été effectuée à partir de la base nationale de la Classification commune des actes médicaux (CCAM) 2009 des actes de cardiologie interventionnelle pour l’ensemble des centres hospitaliers (CHU, CNCH, Privé). Il n’existe pas en effet de groupe homogène de malades (GHM) ou groupe d’activité exclusivement dédiée à la cardiologie interventionnelle. Il paraissait donc plus opportun de partir de la pratique médicale, donc de la classification CCAM pour identifier les GHM correspondants. Où se font les séjours de cardiologie interventionnelle ? Parmi les 218 services de cardiologie du CNCH, 82 centres ont obtenu l’autorisation de pratiquer en cardiologie interventionnelle. Ils sont le plus souvent implantés au niveau de la préfecture de chaque département en dehors du CHU de référence : cela représente près de 45 % de l’ensemble des centres français de cardiologie interventionnelle.    L’offre de soins en cardiologie interventionnelle existe dans trois départements français sur quatre et réalise ainsi un maillage presque homogène du territoire (figure 2).    Figure 2. Carte des établissements du CNCH autorisés pour la cardiologie interventionnelle.   L’activité du CNCH correspond à un réel besoin sanitaire au sein de chaque région et évite des délais de transferts longs pour assurer une meilleure prise en charge des infarctus qui représentent près de 50 % de l’activité de cardiologie interventionnelle. Cela justifie le maillage territorial entre les structures de proximité et le centre de cardiologie interventionnelle départemental (figure 3).    Figure 3. Poids des différents types d’établissements par région pour l’activité de la cardiologie interventionnelle (séjours).   Le CNCH arrive en deuxième position avec 31 % des séjours de cardiologie interventionnelle juste après le privé (45 % de l’activité nationale), les CHU étant en troisième position (24 % de l’activité nationale).  Dans certaines régions de France (Poitou-Charentes, Picardie, Centre, Nord-Pas de Calais, Alsace et Corse), le CNCH assure plus de 40 % de l’activité de cardiologie interventionnelle.  Quel type d’activité et quels patients ?  L’activité principale est le SCA ST+ et le SCA non ST+.  Les infarctus sont pris en charge par le CNCH à 60 %. Ainsi, le CNCH prend en charge 43 % des patients les plus graves (niveau 4) versus 35 % pour les CHU et 22% pour le privé.  L’activité programmée ou ambulatoire n’est que de 28 % versus 50 % pour le privé et 22 % pour les CHU (figure 4).    Figure 4. A : Analyse du positionnement par degré de gravité. B : Analyse des actes de coronarographie/angioplastie. Quels messages ?  Le CNCH est devenu un acteur important de la cardiologie interventionnelle et occupe la deuxième place en termes d’activité après le privé et devant les CHU. L’objectif n’est pas bien entendu d’opposer CHU, CNCH et centres privés qui sont le plus souvent complémentaires dans la prise en charge des patients contribuant ainsi au maillage territorial. Ainsi, près de 50 000 angioplasties sont réalisées en CNCH avec un ratio angioplastie/ coronarographie de 0,47 élevé confirmant une prise en charge importante des syndromes coronaires aigus en France, y compris les plus graves. Peu de centres de cardiologie interventionnelle en CNCH ont actuellement l’autorisation d’implanter des TAVI (seuls les centres équipés de chirurgie sur place). Cette technique pourrait évoluer dans les années à venir afin de permettre des autorisations nouvelles dans les centres du CNCH qui accueillent souvent cette population âgée.  Ces centres de cardiologie interventionnelle du CNCH souvent dépourvus de chirurgie cardiaque doivent développer des liens plus modernes avec les centres référents de chirurgie cardiaque via la télécardiologie et le partage d’images afin de mieux structurer la Heart Team recommandée par nos guidelines.    Le CNCH : un maillon indispensable de l’offre de soins en cardiologie interventionnelle  Une interview du Dr Simon CATTAN, Président élu du Collège National des Cardiologues des Hôpitaux (CNCH) GHI Le Raincy, Montfermeil       CATH’LAB : Dr Simon Cattan, vous succédez au Dr Michel Hanssen (Haguenau) à la présidence du Collège National de cardiologie des Hôpitaux. Pouvez- vous nous présenter le CNCH ?    S. Cattan : Aux côtés de la cardiologie hospitalo-universitaire et libérale, le CNCH est la 3e composante, mais pas la dernière, de la cardiologie hospitalière. Il regroupe l’ensemble des services de cardiologie des Centres hospitaliers, des hôpitaux ESPIC (ex PSPH) et des hôpitaux militaires. Il compte 2 296 cardiologues, dont 1 434 PH temps plein, 150 assistants spécialistes et 642 cardiologues à activité mixte. Il est doté de 11 722 lits de cardiologie et 1 772 lits d’USIC. Au niveau de la cardiologie interventionnelle, le CNCH est représenté par 82 centres de cardiologie interventionnelle ayant obtenu l’autorisation d’exercer cette activité. La cardiologie hospitalière et, en particulier la cardiologie interventionnelle, obéit à une double composante de proximité et de sécurité. L’offre de soins doit permettre aux Français de pouvoir accéder dans les délais inférieurs à 90 minutes aux techniques de reperfusion, ceci associé avec une composante sécurité en termes de moyens matériel et humain et de seuil d’activité. Par son maillage sur le territoire national, les services du CNCH ont su répondre à ces critères et ont ainsi participé à la baisse de la mortalité des STEMI enregistrée ces dernières années.    CL : Le CNCH a édité récemment un livre blanc. Quels sont les points forts de ce livre blanc ?    S. Cattan : le CNCH est le premier acteur des séjours de cardiologie avec 49 % de parts de marché. Il est le 1er acteur de la permanence des soins avec 48 % des parts de marché dans la prise en charge des séjours en USIC et de 61 % des STEMI quel que soit leur niveau de gravité. Au niveau de la cardiologie interventionnelle, le CNCH représente 32 % de l'activité nationale avec une forte composante de GHM à forte sévérité. En rythmologie interventionnelle, le collège est le deuxième acteur avec 38 % de parts de marché. Enfin, il occupe une place prédominante (62 %) dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque.    CL : Quelles sont les propositions du livre blanc du CNCH en matière d’organisation des soins hospitaliers de la cardiologie ?   S. Cattan : Elles sont de plusieurs ordres.  Scientifique. Par son activité, le CNCH représente un vivier de recrutement pour les études de recherche clinique. Cette activité de recherche clinique est sous la responsabilité du Dr Loïc Belle (Annecy), avec le Dr Jean-Louis Georges (Versailles), qui pilotent le groupe recherche clinique. Cette activité de recherche clinique doit s’articuler avec les autres composantes de la cardiologie et notamment, la cardiologie hospitalo-universitaire.  Syndicale. Nous avons signé une convention avec le SNAM principal syndicat des PH afin de faire porter nos revendications statutaires, en particulier la rémunération des astreintes de cardiologie interventionnelle dans le secteur public. Rémunérer 125 € un PH pour une angioplastie coronaire en urgence en pleine nuit est indécent, eu égard au service rendu et à la pénibilité du geste. Nous devons nous battre pour exiger une rémunération à sa juste valeur. Nous devons également obtenir une meilleure revalorisation du statut de PH. Enfin, nous voulons obtenir une revalorisation des tarifs de GHS de cardiologie interventionnelle dans le secteur public qui sont actuellement sous-valorisés. 

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