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HTA

24 nov 2009

Le risque cardiovasculaire résiduel chez l'hypertendu

J. BLACHER, Université Paris Descartes ; Unité HTA, Prévention et Thérapeutique Cardiovasculaires ; Centre de Diagnostic et de Thérapeutique, Hotel-Dieu, AP-HP, Paris

CNCF

Le risque résiduel est un concept à géométrie variable dans la littérature médicale : Il peut être assimilé au risque persistant chez les patients traités pour leur hypertension artérielle en rapport avec un contrôle non optimal de ce facteur de risque. En effet, les différentes études d'observation montrent, qu'en population, le contrôle tensionnel est imparfait. Les hypertendus, à la fois diagnostiqués et traités et dont les chiffres de pression artérielle sont contrôlés par la thérapeutique, restent fortement minoritaires. Il peut aussi être compris comme le risque persistant chez les patients traités pour leur hypertension artérielle malgré un contrôle optimal de leur pression (lié à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire dont la prévalence est supérieure dans cette population, par exemple le diabète chez les hypertendus…). De nombreuses études montrent effectivement que les sujets hypertendus présentent, en moyenne, davantage de facteurs de risque cardiovasculaire que les sujets normotendus. Cette association est habituelle avec la plupart des facteurs de risque cardiovasculaire. Enfin, on peut le comprendre comme le risque persistant dans une population traitée pour leur hypertension artérielle à même niveau de pression artérielle et à même niveau des autres facteurs de risque cardiovasculaire. En effet, utilisant les données de l’étude épidémiologique prospective d’observation de l’infarctus du myocarde (PRIME), qui a inclus des populations françaises (3 centres) et irlandaise (1 centre) (au sein de chaque centre, 2 500 hommes âgés de 50 à 59 ans, indemnes de maladie coronaire, suivis 5 ans), nous avons montré que la prise de traitement antihypertenseur était significativement et positivement associée au niveau de risque coronaire observé (risque relatif (RR) = 1,60; IC95% : 1,18-2,16). Ces résultats ont été publiés en 2004 ; depuis, d’autres données provenant du suivi d’autres cohortes ont été rapportées, elles aussi en faveur de l’existence d’un risque résiduel, par exemple l’analyse de la population de Framingham ou encore celle d’une cohorte britannique comportant plusieurs centaines de milliers de sujets. L’analyse à 10 ans de l’étude PRIME confirme, avec plus de puissance, les données mises en évidence à 5 ans en matière d’événements coronaires, et retrouve des résultats similaires concernant la mortalité cardiovasculaire.   En pratique Finalement, l’existence d’un risque résiduel en matière d’hypertension artérielle doit faire réfléchir à l’optimisation des stratégies de prise en charge. Quel que soit le périmètre du risque résiduel, son existence pousse à l’obtention de chiffres tensionnels plus exigeants sous traitement, à la mise en place plus précoce d’un traitement antihypertenseur et à une meilleure prise en considération des facteurs de risque associés.

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