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Explorations-Imagerie

01 juin 2020

Comment développer l’imagerie multimodale dans vos centres ? La création d’un groupe d’imagerie cardiovasculaire est une solution

Gilles BARONE-ROCHETTE1, Stéphane EDERHY2, Erwan DONAL3*

Les différentes modalités d’imagerie cardiovasculaire (échographie cardiaque, imagerie de coupe, imagerie nucléaire) connaissent une amélioration technologique soutenue leur conférant un rôle important, d’une part, dans les stratégies diagnostiques, mais aussi, et plus récemment dans les prises en charge thérapeutiques et interventionnelles.

L’utilisation de l’échographie cardiaque est désormais incontournable pour le bon déroulement des procédures interventionnelles percutanées, dont le MitraClip. Le scanner cardiaque a acquis un rôle important dans l’évaluation des patients devant bénéficier d’une procédure interventionnelle (fermeture d’auricule gauche, TAVI, ablation de la FA), et sera appelé à jouer un rôle croissant dans la prise en charge du syndrome coronarien chronique. L’IRM cardiaque permet une caractérisation tissulaire, lui permettant en complément de l’échographie cardiaque de se positionner dans le cadre du diagnostic et de la prise en charge des cardiomyopathies. Les progrès techniques et technologiques des nouvelles gammas-caméras, la mise à disposition de nouveaux traceurs isotopiques, le développement de l’imagerie moléculaire ouvrent des champs d’exploration plus vastes, notamment dans le cadre de l’exploration des cardiomyopathies inflammatoires. L’intelligence artificielle pour l’analyse des images médicales assistées par ordinateur est une autre évolution potentielle majeure dont l’application reste à définir en cours. L’imagerie multimodalités se définit par l’intégration de différentes modalités d’imagerie cardiovasculaire pour améliorer les performances diagnostiques et thérapeutiques. L’objectif assigné à l’imagerie est de répondre à des questions cliniques spécifiques, en limitant les informations redondantes et dupliquées, en tenant compte de leur disponibilité, avantages, risques et coût. Chaque modalité d’imagerie présente des forces et des faiblesses qui doivent être connues des médecins prescripteurs. Associée à d’autres outils diagnostiques (électrocardiogramme, tests sanguins, biologie moléculaire, génétique…) et l’évaluation clinique initiale, l’imagerie est un outil pertinent pour la prise en charge de nos patients. Cependant, en raison de la diversité des domaines utilisés, du nombre de modalités, du développement rapide de toutes les méthodes et de la nécessité d’une évaluation médicale en pratique clinique, un travail collaboratif est indispensable. Il apparaît désormais nécessaire de proposer la constitution de groupe d’imagerie cardiovasculaire permettant de tirer profit des forces de chaque technique, de créer des synergies entre chaque modalité permettant de répondre dans des délais raisonnables à la question clinique posée. Ce groupe associant cardiologues, radiologues et médecins nucléaires doit suivre certaines règles d’organisations pour bien fonctionner. L’EACVI, propose que les groupes d’imagerie cardiovasculaire soient composés d’experts de toutes les modalités, dont au moins un membre dans chaque modalité doit avoir une compétence de niveau européen 3. Tous les membres du groupe d’imagerie cardiovasculaire doivent être fortement encouragés à acquérir le niveau 2 européen pour les autres modalités(1). Ainsi une véritable équipe d’experts est constituée. Les experts des différentes techniques d’imagerie doivent collaborer et les différentes méthodes doivent être considérées comme complémentaires et non comme des concurrents. Les groupes d’imagerie cardiovasculaire mettent en œuvre des indications cliniques consensuelles pour les différentes modalités d’imagerie pour chaque pathologie afin de guider la prise en charge des patients grâce à une application rigoureuse des recommandations internationales. Les groupes d’imagerie cardiovasculaire doivent définir des protocoles techniques standardisés pour l’acquisition, l’interprétation et le recueil des résultats de ces techniques d’imagerie. Les centres d’imageries doivent être en mesure de fournir des images acquises selon des protocoles standardisés, disposer de logiciels d’analyses d’image validés, permettant in fine la production d’examen de qualité satisfaisante. La qualité des images et la maintenance des machines sont sous la responsabilité de l’expert. Ce même expert se tient à jour des avancées technologiques, des données scientifiques et réalise les démarches pour acquérir les nouvelles techniques tout en se concertant avec le groupe sur l’intérêt de celle-ci dans la prise en charge des patients. Des réunions de concertation régulières doivent être organisées pour la prise en charge des patients. Les images provenant de toutes les modalités d’imagerie étant généralement exécutées et interprétées par plusieurs médecins, une bonne communication est essentielle avec une utilisation du même langage. Il permettra de gérer les soins des patients de manière collégiale et aura une vertu pédagogique. L’enseignement de l’imagerie est multimodal et est centré sur le patient. Aucun test d’imagerie ne doit être effectué ou interprété comme un test arbitre, mais tous les tests doivent être intégrés à l’ensemble des informations disponibles dans le dossier du patient. L’intégration des données cliniques et des résultats des différents examens réalisés permettra au cardiologue en charge du patient de proposer une prise en charge thérapeutique (figure 1). Le groupe d’imagerie cardiovasculaire est intégré à la Heart Team de chaque centre où les anesthésistes et chirurgiens complètent les discussions. Le groupe d’image cardiovasculaire ou l’un de ses représentants doit être présent dans les autres réunions de concertation multidisciplinaire où l’imagerie est importante (cardiomyopathie, Heart Team endocardite infectieuse, HTAP, congénital…). Figure 1. Organisation et fonctionnement du groupe d’imagerie cardiovasculaire. Au total : une Heart Team La création de ces groupes est cependant un challenge, car les organisations en silos sont encore nombreuses dans nos institutions. L’imagerie évolue, à la croisée des disciplines, la constitution de groupe d’imagerie cardiovasculaire performant créera une synergie et accélérera son développement. * 1Département de cardiologie, CHU Grenoble-Alpes, Grenoble ; Inserm U1039, Radiopharmaceutiques Biocliniques, Grenoble Alpes University, La Tronche ; French Alliance Clinical Trial, French Clinical Research Infrastructure Network, Toulouse 2Département de cardiologie, Hôpital Saint-Antoine, AP-HP, Paris ; Inserm U856 (thrombose, athérothrombose et pharmacologie appliquée), Paris ; UNICO : Unité de cardio-oncologie et GRECO : Groupe de recherche en cardio-oncologie, Sorbonne-Université 3Université de Rennes, CHU de Rennes, Inserm LTSI-UMR 1099, Rennes

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