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Diabéto-Cardio

23 juil 2019

Après les complications cardiovasculaires et rénales, la copeptine associée au risque d’amputation - Association entre taux de copeptine plasmatique et risque d’amputation des membres inférieurs chez des patients diabétiques de type 1 et 2

Louis Potier, Paris

Le diabète est la première cause d’amputation non traumatique dans le monde. Si les plaies du pied en sont à l’origine, il est difficile de prédire le risque d’amputation chez les patients diabétiques tant les facteurs impliqués sont nombreux. Récemment, de nombreuses études ont mis en évidence un rôle de la copeptine dans la survenue des complications cardiovasculaires et rénales du diabète. La copeptine est à la vasopressine (hormone antidiurétique) ce que le peptide-C est à l’insuline, un marqueur de sa sécrétion par la posthypophyse. Sa sécrétion est donc en partie dépendante de la volémie extracellulaire (la copeptine augmente en compensation quand la volémie diminue).

Dans cette étude, les auteurs ont analysé l’association entre le taux de copeptine plasmatique à l’inclusion et le risque de survenue d’une amputation dans plusieurs cohortes de patients diabétiques de type 1 (cohortes GENESIS n = 503, durée de suivi 5 ans et GENEDIAB : n = 207, durée de suivi 10,2 ans) et de type 2 (DIABHYCAR : n = 3 101, micro/macroalbuminurie, durée de suivi 5 ans et SURDIAGENE : n = 1 452, durée de suivi 7 ans). Les cohortes ont été poolées pour chaque type de diabète. L’âge moyen des patients était de 45 ans et 66 ans, avec une durée moyenne de diabète de 28 et 14 ans pour les DT1 et les DT2 respectivement. L’incidence des amputations étaient de 5,5 % (n = 39) pour les DT1 et 2,5 % (n = 115) pour les DT2. En analyse multivariée, les facteurs associés avec le risque d’amputation étaient pour les DT1 : l’HbA1c, les antécédents d’amputation et le taux de copeptine à l’inclusion. Pour les DT2 : le sexe masculin, la présence d’une microalbuminurie, les antécédents d’amputation et le taux de copeptine à l’inclusion. Le risque d’amputation pour chaque augmentation d’une déviation standard de copeptine était de 1,91 (1,47-2,45), p < 0,0001 et 1,79 (1,52-2,09), p < 0,0001 pour les DT1 et DT2 respectivement. Ces associations restaient similaires et significatives après ajustement sur un ensemble de facteurs de risque d’amputation dont le débit de filtration glomérulaire et l’albuminurie. Le risque de revascularisation des membres inférieurs était également associé au taux de copeptine chez les DT2. Ces résultats complètent ceux de la même équipe qui ont déjà montré une association forte entre copeptine, maladie rénale et risque cardiovasculaire. De plus, ils soulèvent des hypothèses explicatives pour les observations récentes d’un sur risque d’amputation chez les patients traités par inhibiteur du SGLT2. En effet, si la copeptine est un marqueur de la volémie, ces résultats suggèrent qu’une diminution de la volémie augmente le risque d’amputation. On peut imaginer que cela soit par diminution de la perfusion distale qui décompenserait une lésion sur un tissu déjà mal perfusé. Un article récent des mêmes auteurs a mis en évidence une association entre diurétique et amputation (Potier et al. Diabetologia 2019). Au vu de cette hypothèse, l’effet diurétique des inhibiteurs SGLT2 pourrait être une explication au surrisque d’amputation sous ces traitements. D’après la communication de L. Potier et coll. "Publié par Diabétologie Pratique"

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