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Épidémiologie

28 fév 2006

XXVes Journées de l'hypertension artérielle - Épidémiologie

M. AZIZI, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris,

Blacher et coll. (Paris) suggèrent qu’une nouvelle définition de l’HTA prenant en considération la pression pulsée, en plus des chiffres de pression artérielle systolique (PAS) et de pression artérielle diastolique (PAD), devrait être envisagée afin d’améliorer la valeur pronostique de la mesure tensionnelle.

Plaidoyer pour une nouvelle définition de l’HTA Blacher et coll. (Paris) suggèrent qu’une nouvelle définition de l’HTA prenant en considération la pression pulsée, en plus des chiffres de pression artérielle systolique (PAS) et de pression artérielle diastolique (PAD), devrait être envisagée afin d’améliorer la valeur pronostique de la mesure tensionnelle. Cette suggestion est fondée sur l’analyse du suivi de 69 986 sujets âgés > 50 ans suivis pendant 18 ans. Celle-ci montre que l’augmentation de la pression pulsée prédit de façon indépendante la mortalité de toutes causes, ainsi que la mortalité cardiovasculaire par cardiopathie ischémique mais non par accident  cérébrovasculaire. Les auteurs suggèrent que la définition de la normotension puisse être l’association d’une PAS < 140 mmHg, d’une PAD < 90 mmHg et d’une pression pulsée < 60 mmHg.   HTA et statut socioprofessionnel Atallah et coll. (Basse-Terre) ont évalué la prévalence de l’HTA, le pourcentage de patients traités ainsi que le contrôle tensionnel au sein d’une population de patients antillais ayant un emploi stable comparativement à une population de patients antillais au chômage ayant un niveau de couverture sociale et un accès aux soins similaires. Malgré la gratuité et le même accès aux soins, les sujets précaires ont une prévalence plus élevée de l’hypertension artérielle (25 % contre 19 % chez les hommes, 22 % contre 19 % chez les femmes), qui est plus fréquemment traitée chez les hommes (82 % contre 77 % chez les travailleurs) alors que l’inverse est observé chez les femmes (91 contre 94 %). La différence majeure entre les deux populations concerne le contrôle tensionnel sous traitement (PA < 140/90 mmHg) qui est nettement plus faible dans la population précaire comparée à la population de travailleurs (19 % contre 39 % chez les hommes et 37,6 %  contre 66 % chez les femmes). La prévalence de l’obésité est nettement supérieure en particulier chez les femmes (29 contre 16 %). Ainsi, malgré un accès aux soins similaire, le contrôle tensionnel est nettement inférieur chez les sujets précaires au chômage.   HTA et dépressions H. Lenoir et coll. (Hôpital Broca, Paris) ont étudié la relation entre la pression artérielle et les antécédents de dépression chez 9 294 sujets âgés (60,7 % de femmes ; âge moyen de 74 ± 5,6 ans), dont 81 % avaient des antécédents d’HTA traitée, 21,3 % des antécédents de dépression traitée et 28,3 % ayant un traitement à base de psychotropes.  Les auteurs observent que la pression artérielle systolique est significativement plus basse chez les sujets ayant des antécédents de dépression,  et ce après ajustement sur la consommation de traitements antihypertenseurs et de psychotropes.   Apnées du sommeil et HTA J.-P. Baguet (Grenoble) a montré que la prévalence de l’hypertension artérielle était largement sous-estimée chez les patients ayant des apnées nocturnes. L’hypertension artérielle est à prédominance nocturne, souvent diastolique isolée, avec une charge tensionnelle élevée en période nocturne (non-dipper). En effet, sur 130 patients, dont 85 % d’hommes, ayant un index de masse corporelle de 27,6 kg/m2, 75 % d’entre eux étaient hypertendus en MAPA (54 % d’HTA diurne et 72 % d’HTA nocturne, de type diastolique isolée chez 63 % des patients avec une HTA nocturne). Les auteurs suggèrent la réalisation systématique d’une MAPA chez les patients ayant des apnées nocturnes sans antécédent d’hypertension artérielle.   Une stratégie de prise en charge de l’HTA impliquant le conjoint J.-J. Mourad (Avicenne) propose d’améliorer le contrôle tensionnel et en particulier les règles hygiéno-diététiques et l’observance, chez des hypertendus > 60 ans par une stratégie d’intervention impliquant le couple. Cette proposition découle de l’analyse de 2 776 couples, dont l’un des conjoints était un patient hypertendu > 60 ans, auquel a été remis un questionnaire patient. Seuls 48,5 % des patients avaient une PA normalisée sous traitement (< 140/90 mmHg), et 40,6 % des conjoints avaient une hypertension traitée. Les facteurs associés à un non-contrôle tensionnel étaient les suivants : • diabète chez l’un des deux conjoints, • prise de poids au cours des 5 dernières années, • vie commune < 10 ans, • absence de pratique sportive.   Le contrôle tensionnel est d’autant moins bon que le risque est élevé M.-C. Aumont (Bichat, Paris) a montré que les patients hypertendus à plus haut risque sont ceux qui observent le moins bien leur traitement en général. Cette étude a porté sur des patients hypertendus non contrôlés, évalués par l’auto-questionnaire d’observance du Comité français de lutte contre l’HTA ; 1 965 patients d’âge moyen 63,9 ans, dont 55 % d’hommes, ont été inclus dans l’étude. Une observance insuffisante est plus fréquente chez les hommes, ceux ayant un surpoids ou une obésité, les diabétiques et les dyslipidémiques, les tabagiques, et ceux ayant des antécédents cardiovasculaires. Le risque de mauvaise observance augmente avec le nombre de facteurs de risque, passant de 27,3 % sans facteur de risque à 51,5 % avec 3 facteurs de risque ou plus. Ces résultats imposent de renforcer le message de prévention en particulier chez les patients ayant ce type de profil (hommes, tabagiques, multiples facteurs de risque, antécédents cardiovasculaires, surpoids ou obésité).

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