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Carte postale

31 mar 2008

Le service de cardiologie du CHU Fattouma Bourguiba à Monastir

F. ADDAD, Monastir

Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.

Entrée principale du CHU Fattouma Bourguiba de Monastir. Retour aux sources De retour dans mon pays, la Tunisie, une satisfaction et une certaine crainte s’entremêlaient dans mon esprit. La satisfaction du devoir accompli durant mon séjour à Paris (novembre 1997 à avril 2000) après avoir pu d’abord me perfectionner en angioplastie coronaire aux côtés princi-palement du Pr Antoine Lafont à l’Hôpital Boucicaut, du Pr Jean-Luc Dubois-Randé au CHU Henri-Mondor et en angioplastie périphérique auprès du Dr Alain Raynaud à la clinique Labrouste. Mais aussi, la satisfaction d’avoir fait de nombreuses rencontres aussi bien humaines que scientifiques (la liste serait trop longue à énumérer). Cependant, dans le bateau du retour, je ressentis un sentiment de crainte d’être confronté à mes nouvelles responsabilités après ma réussite au concours d’assistant hospitalo-universitaire. L’appréhension d’une nouvelle vie Mes craintes furent très vite justifiées, car j’ai été enrôlé sous le drapeau tunisien – le service militaire était autrefois obligatoire pour tous les mé-decins spécialistes – dans un hôpital régional d’une région du nord-ouest de la Tunisie (ville de Kasserine) à 12 km de la frontière algérienne. J’étais le seul cardiologue dans cette région pour environ 500 000 habitants. Aucun cardiologue privé n’avait osé affronter les dures conditions climatiques (+45 °C l’été et -5 °C l’hiver) et sociales de cette région. J’avais comme seuls outils d’exploration un ECG trois pistes, la radiographie de thorax, un stéthoscope et un scanner sans radiologue permanent à ma disposition. Le centre universitaire avec un plateau technique de cardiologie interventionnelle le plus proche était à 3 heures de route. Paradoxalement, mon affectation dura 11 mois dans cette région dite « zone d’ombre » et fut l’une des expériences les plus enrichissantes de ma modeste carrière de médecin. Un vieux proverbe dit que « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles ». En effet, nous avons pu réaliser la première thrombolyse à la phase aiguë d’un IDM (actuellement plus de 100 patients thrombolysés par an) après avoir formé l’équipe d’urgence composée de 6 jeunes médecins généralistes et mis en place une unité USIC avec scope, serin-gues électriques et appareil d’échographie cardiaque. J’ai pu organiser aussi trois séminaires à l’échelle régionale et un staff hebdomadaire de formation sur les principales urgences en cardiologie. Une carrière hospitalo-universitaire débute Après cette enrichissante expérience humaine, je vécus un changement total de décor car je regagnais enfin mon service d’origine sous la direction du Pr Mohamed Ben Farhat au CHU Fattouma Bourguiba. J’étais assistant hospitalo-universitaire dans un des plus grand services du pays avec une capacité de 90 lits dont 9 lits d’USIC et un plateau d’explorations invasives et non invasives complet et moderne. Mon retour a permis de renforcer l’équipe d’angioplasticiens et d’organiser ainsi une stratégie d’angioplastie primaire 24 h/24 puis de présenter la plus grande série tunisienne au congrès national de cardiologie 2 ans plus tard. En 2005, ma réussite au concours de professeur agré-gé venait couronner tous ces sacrifices et me permit d’être enseignant permanent à la faculté de médecine de Monastir. La recherche médicale : « Le savoir que l'on ne complète pas chaque jour diminue tous les jours ». Après 2 années de recherche dans l’unité INSERM du Pr Antoine Lafont dans le domaine de la prévention de la resténose postangioplastie sur un modèle animal d’athérosclérose, il était clair, après avoir visité une animalerie à Monastir, qu’il fallait que je trouve un créneau de recherche différent de celui dont j’avais acquis l’expérience. Un article lu dans le métro parisien avait à l’époque attiré mon attention sur la « résistance à l’aspirine » chez les patients en post-AVC et me permit d’envisager que ce sujet pourrait être une piste de recherche intéressante avec des implications pratiques chez le patient coronarien. Une recherche bibliographique mit en évidence que les quelques articles de la littérature semblaient plus poser de questions qu’apporter des réponses. Un petit noyau local d’exploration de l’effet antiagrégant plaquettaire de l’aspirine fut créé avec les hématobiologistes (Pr Mohsen Hassine) et permit de commencer le premier travail tunisien dans ce domaine. La collaboration avec le Dr Ismaïl Elalamy et le Pr Michel Samama a réellement permis à notre recherche de prendre une dimension internationale avec, à la clé, quelques publications, des présentations de nos résultats dans les con-grès nationaux et internationaux et un prix aux dernières journées européennes de la Société française de cardiologie à Paris sur le thème « Sensibilité antiplaquettaire à l’aspirine chez le coronarien diabétique ». Faouzi Addad en salle de cathétérisme cardiaque (au centre) avec l’équipe paramédicale.

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