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Carte postale

28 fév 2011

La coronarographie en Polynésie française

C. LE GOANVIC, Centre Hospitalier de Polynésie Française, Papeete
Un territoire vaste et isolé La Polynésie française est un territoire d’Outre-Mer isolé au milieu du Pacifique sud, composé de cinq archipels et 118 îles (67 habitées) et dont le territoire est aussi vaste que l'Europe. Elle est située à 18 000 km de la métropole et plus de 5 000 km de la Nouvelle-Zélande. La Polynésie compte environ 280 000 habitants avec près de 78 % de Polynésiens, 12 % d’Européens et 10 % d’Asiatiques, en majorité d’origine chinoise.    Une population à risque  Du fait d'une alimentation saine et de l'éloignement géographique, les maladies cardiovasculaires, notamment l'athérosclérose, étaient encore rarissimes il y a une vingtaine d'années. La seule pathologie cardiaque prédominante sur le territoire était le rhumatisme articulaire aigu.    Depuis 20 ans, avec notamment l'américanisation de l'alimentation, nous avons assisté à une explosion des maladies coronaires. Plus de 20 % de nos patients sont diabétiques, obèses, hypertendus avec un tabagisme qui reste important.  Une couverture médicale optimale  Toute personne vivant en Polynésie, bénéficie d’une couverture médicale gérée par la Caisse de prévoyance sociale. Les structures de soins sont composées :  • d’un hôpital central (le Centre hospitalier territorial de la Polynésie française) situé à Pirae sur l’île de Tahiti ; • de deux hôpitaux périphériques (Taiohae, Marquises Nord et Raiatea, Îles sous le vent) ; • de deux cliniques privés sur Papeete. La prise en charge médicale est assurée, dans certaines îles (Bora-Bora, Rangiroa, Tubuaî), par des médecins dépendant de la direction de la santé et par des médecins privés. Pour le reste des îles, les soins sont assurés par des infirmières diplômées, et pour certaines îles très éloignées par des adjointes de soin.  Une prise en charge récente de la pathologie coronaire  Jusqu'en 2002, tous les Polynésiens étaient évacués sur la Nouvelle-Zélande ou sur la métropole pour bénéficier d’une exploration coronarienne ou d’une chirurgie cardiaque. Il n'existait aucune autre salle dans le Pacifique sud.  La salle d'hémodynamique de Nouvelle Calédonie n’est opérationnelle que depuis environ 3 ans.  Sous l'impulsion du Dr Gérard Papouin, nous avons ouvert en novembre 2002, la seule salle de coronarographie de la Polynésie française.  Depuis cette époque, l'activité n'a cessé d'augmenter avec, en 2010, 600 coronarographies diagnostiques et 300 angioplasties à notre actif. Depuis 2 ans, nous avons également développé une activité vasculaire interventionnelle. L'équipe comporte deux médecins d'astreinte opérationnelle et 3 infirmier(e)s diplômé(e)s d’État. Les patients qui ont besoin d’une chirurgie cardiaque (coronaire ou valvulaire) sont adressés soit en Nouvelle-Zélande (Auckland Hospital), soit en métropole (hôpital Bichat, Paris). Nous n'avons aucun accord avec les États-Unis (Hawaï étant le plus proche).  Nous avons en projet la réalisation de missions de chirurgie cardiaque programmée sur le territoire.    La prise en charge du syndrome coronarien des îles  La particularité géographique de la Polynésie française avec ses îles éloignées, donne des délais de transport incompressibles. Même si l’angioplastie primaire reste de rigueur dans notre prise en charge des syndromes coronariens, la thrombolyse garde une place importante.  Avec l’aide du Samu, nous avons mis à disposition, dans plusieurs dispensaires médicalisés, des kits de thrombolyse (Tpa) permettant une prise en charge rapide sur place, par des médecins généralistes, et avec un transfert secondaire assuré le plus souvent par voie aérienne.    Des locaux tout neufs  En novembre 2010, nous avons aménagé dans un hôpital flambant neuf avec une nouvelle salle mixte, cardiovasculaire, Philips.  L'hospitalisation en cardiologie comporte désormais 6 lits de soins intensifs, 14 lits d'hospitalisation classique et 7 lits d'hospitalisation de semaine.  Une garde senior est assurée dans le service. Nous sommes 9 PH plein-temps avec un interne.  Nous avons également une salle de rythmologie avec une activité classique d'implantation de pacemakers, défibrillateurs, resynchronisation et réalisation d’ablations.    En plus d'une consultation classique importante, nous avons créé un centre du Rhumatisme articulaire aigu permettant le suivi et l'éducation des jeunes rhumatismaux ainsi qu’une clinique des AVK.  Dans les îles éloignées, les INR sont en grande partie réalisés par autocontrôle (CoaguChek®, Roche Diagnostics).  En raison de l'éloignement des archipels et des îles et dans l’objectif de limiter le transfert des patients, nous effectuons depuis maintenant de nombreuses années, des consultations délocalisées avec l'aide d'un appareil d’échographie portable.  Des correspondants privilégiés  Nos principaux correspondants sont, pour la métropole, l’hôpital Bichat (service du Pr Vahanian), l’hôpital de Grenoble (Dr Defaye) et la clinique Pasteur à Toulouse (Drs Assoun et Sauguet) et pour la Nouvelle-Zélande, l’hôpital d’Auckland (Drs Stewart et Skinner).    Ces différents experts réalisent régulièrement dans notre service, des «missions » durant lesquelles sont pratiqués des actes invasifs complexes.     

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