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Diabéto-Cardio

Publié le 04 avr 2023Lecture 2 min

Impact d’un traitement préalable par AR GLP-1 et/ou iSGLT2 sur le pronostic à court terme après un infarctus du myocarde chez les patients diabétiques

Patrice DARMON, Marseille

Les agonistes des récepteurs du GLP-1 (AR GLP-1) et les inhibiteurs de SGLT2 (iSGLT2) ont révolutionné la prise en charge du diabète de type 2 (DT2) en raison des bénéfices qu’ils ont démontrés en matière de cardio- et de néphroprotection chez les patients à très haut risque cardiovasculaire ou rénal, en particulier lorsqu’il existe une maladie athéromateuse avérée, une insuffisance cardiaque ou une maladie rénale chronique. Cependant, aucune étude n’a démontré à ce jour qu’un traitement préalable par un représentant de l’une ou l’autre de ces classes pouvait améliorer le pronostic à court terme après un infarctus du myocarde (IDM) dont on sait qu’il est particulièrement péjoratif chez les patients vivant avec un diabète.

Les auteurs ont utilisé les données de plusieurs bases administratives de Lombardie et ont identifié près de 150 000 patients hospitalisés pour un IDM entre 2010 et 2019 (âge moyen 71 ans, sexe ratio hommes/femmes 2 pour 1, diabète 26 % des cas). Après application d’un score de propension (incluant l’âge, le sexe, l’année d’hospitalisation, la présence ou non d’un sus-décalage du segment ST, le recours ou non à une angioplastie, les différents traitements cardioprotecteurs prescrits avant l’admission et les comorbidités majeures), les patients ont été classés en 3 groupes : groupe 1, patients non diabétiques ; groupe 2, patients diabétiques traités par AR GLP-1 et/ou iSGLT2 depuis au moins 3 mois (médiane 19 mois ; AR GLP-1 48 % des cas, iSGLT2 50 %, association 2 %) ; groupe 3, patients diabétiques non traités par AR GLP-1 et/ou iSGLT2 (n = 3 090 dans chaque groupe). Le critère primaire de jugement (mortalité intra-hospitalière, insuffisance cardiaque aiguë ou insuffisance rénale aiguë nécessitant une épuration extrarénale) est survenu chez 16 % des patients au total (n = 502) mais respectivement chez 13 %, 16 % et 20 % des patients des groupes 1, 2 et 3 (p < 0,0001). En comparaison aux patients du groupe 1, ceux du groupe 2 et du groupe 3 avaient une augmentation d’environ 30 % et 60 %, respectivement, du risque de survenue du critère primaire (OR 1,28 [IC95% 1,01-1,64] et OR 1,63 [IC95% 1,28-2,07]). Comparativement aux patients du groupe 2, ceux du groupe 3 avaient une augmentation de près de 30 % du risque de survenue du critère primaire (OR 1,28 |IC95% 1,02-1,63]), le bénéfice associé à un traitement préalable par AR GLP-1 ou iSGLT2 étant lié à une réduction du risque d’insuffisance cardiaque aiguë (137 cas contre 169, OR 1,31 [IC95 1,01-1,71]) et d’insuffisance rénale aiguë sévère (3 cas vs 17, OR 4,88 [1,36-17,6]). Au sein du groupe 2, le critère primaire est survenu chez 17 % des patients sous AR GLP-1 et 15 % des patients sous iSGLT2 (ns). Avec toute la prudence qu’impose sa méthodologie, et dans l’attente des résultats des essais randomisés dédiés en cours, cette étude suggère qu’un traitement préalable par AR GLP-1 ou iSGLT2 améliore le pronostic à court terme après un IDM chez les patients diabétiques. Ces données plaident une nouvelle fois pour le positionnement privilégié de ces molécules chez les diabétiques à très haut risque cardiovasculaire compte tenu des bénéfices démontrés en matière de protection d’organes, cette fois-ci dans les suites immédiates d’un IDM. Publié par Diabétologie Pratique

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