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Testé pour vous

Publié le 30 nov 2012Lecture 8 min

OFDI, console Lunawave™

G. SOUTEYRAND, P. MOTREFF, CHU Clermont-Ferrand

La tomographie optique est une technique d’imagerie de haute résolution s’appuyant sur la réflexion d’une lumière proche des infrarouges sur les tissus biologiques ou matériels prothétiques. Sa résolution est proche de 10 μm soit près de 10 fois supérieure à celle de l’échographie endocoronaire (IVUS). L’imagerie optique ne peut être obtenue qu’en milieu translucide en injectant un flush de produit de contraste. Elle se distingue par une interface marquée entre lumière et paroi du vaisseau, la finesse des détails particulièrement nette au niveau des couches les plus superficielles alors que la faiblesse de pénétration du signal limite l’analyse des couches les plus profondes.

Principe de l’OFDI  La tomographie par cohérence optique (OCT ou TD-OCT pour time-domain OCT) développée en France dès 2006 a été remplacée dès 2010 par une nouvelle génération, l’OFDI (optical frequency domain imaging). L’OFDI offre l’avantage d’une vitesse de retrait de la fibre endocoronaire accélérée (au moins 20 mm/s). Ce progrès technique a constitué une véritable révolution dans la pratique de l’imagerie optique, celle ci n’exigeant plus une occlusion prolongée de la coronaire au ballon, en amont d’un flush. Ainsi en OFDI, il est possible aujourd’hui d’analyser de longs segments, des segments proximaux des trois troncs coronariens ainsi que le tronc commun.  Indications de l’OFDI  Deux revues d’experts ont récemment validé les indications de l’OFDI(1,2) : l’évaluation des lésions angiographiques ambiguës et le guidage de l’angioplastie coronaire. L’évaluation des lésions angiographiques ambiguës En cas d’image claire angiographique, l’OFDI peut diagnostiquer une rupture de plaque, permet de différencier un thrombus ou une calcification. En endoluminal, il est possible de distinguer le thrombus rouge du thrombus blanc.  Les travaux menés en IVUS ont permis de définir certaines caractéristiques liées à la vulnérabilité des plaques (épaisseur de la chape fibreuse, volume du noyau lipidique) et de montrer la fréquence de plaques rompues souvent silencieuses. L’OFDI permet d’affiner ces mesures et de préciser le caractère vulnérable des plaques grâce à sa résolution.  Dans le cadre du syndrome coronarien aigu, Kubo(3) et son équipe ont comparé l’OCT à d’autres techniques d’imagerie comme l’angioscopie ou l’IVUS. La sensibilité diagnostique de l’OCT est supérieure, permettant d’observer in vivo une rupture de plaque dans 73 % des cas, une simple érosion dans 23 % des cas. Un thrombus endocoronaire est constamment retrouvé en OCT alors qu’une plaque vulnérable avec une fine chape fibreuse coexistent dans 83 % des cas.  Les auteurs remarquent que la prévalence de ces anomalies constatées in vivo en OFDI est proche de celle observée en anatomopathologie post-mortem.  L’apport de l’OFDI dans l’analyse morphologique de ces lésions peut permettre d’adapter au mieux la thérapeutique, en faisant la part entre la charge thrombotique et la plaque coupable (en appréciant son extension longitudinale et axiale) dans la responsabilité de l’occlusion coronaire. Guider l’angioplastie coronaire Les mailles du stent sont parfaitement visibles en OFDI sous la forme d’un hypersignal correspondant à l’interface tissu-métal, suivi d’un cône d’ombre. En postangioplastie immédiate, l’OFDI permet de mesurer l’aire minimale du stent et la comparer à l’aire de référence afin d’obtenir une expansion optimale. L’OFDI peut également objectiver des malappositions, les protrusions de matériel athérothrombotique, mais aussi les ruptures de plaque en amont ou en aval immédiat du stent. Ces anomalies sont fréquemment observées en OFDI (au moins 30 % des cas), y compris après un résultat angiographique optimal. L’impact clinique de ces observations n’a pas encore été validé.  L’OFDI peut être intéressante dans le suivi des stents, l’absence de couverture des mailles ayant été accusée d’être potentiellement une des causes de thrombose tardive, notamment à l’arrêt du traitement antiagrégant plaquettaire. Plusieurs études cliniques ont montré une bonne corrélation entre l’analyse OCT de la couverture des mailles de stent et l’analyse histologique(4). La malapposition est également appréciée avec davantage de sensibilité qu’avec l’IVUS du fait d’une meilleure résolution de cette imagerie. L’OFDI semble être la technique de référence pour évaluer les facteurs mécaniques potentiellement à risque de thrombose de stent.  L’OFDI est également utilisée pour évaluer la bonne apposition et la couverture des mailles de différents dispositifs en développement (stent actif, stent biorésorbable, autoexpandable, etc.)  Principales caractéristiques techniques de l’OFDI Terumo  L’image est composée de 512 lignes par coupe et la résolution longitudinale peut aller jusqu’à 158 coupes par seconde pouvant permettre une reconstruction 3D.  La vitesse de pullback est réglable, elle peut aller jusqu’à 40 mm/s. La longueur maximale du pullback est de 150 mm.  Utilisation pratique de l’OFDI Terumo Une anticoagulation préalable comme pour une angioplastie doit être administrée. L’injection de dérivés nitrés en intracoronaire est systématique.  L’utilisation d’un cathéter d’approche stable 6 F est préconisée. Un guide d’angioplastie 0,014"progresse en aval de la zone à étudier. Une enveloppe stérile est mise autour du moteur. L’escargot contenant le cathéter est purgé avec une seringue de 10 cm3 de sérum hépariné. La fibre OFDI est ensuite connectée au moteur. Le cathéter est en structure fermée, il n’est pas nécessaire de le flusher et la calibration est automatique.  Le cathéter est de 2,6 F (0,87 mm de diamètre) en distalité ce qui lui confère une bonne capacité de franchissement. Le marqueur radio-opaque distal, situé 5 mm en amont de l’extrémité distale du cathéter, correspond au positionnement de la lentille.  Une injection de produit de contraste est effectuée et le pullback automatique (calibration manuelle possible) débute dès que le flush confère une image claire et contrastée de la lumière coronaire. La fréquence d’images sur les retraits hélicoïdaux de la lentille est de 150 images/s. Les vitesses de retrait peuvent être déterminées entre 5 et 40 mm/s, permettant une analyse longitudinale allant jusqu’à 150 mm pour les vitesses les plus rapides. Les retraits rapides se feront au détriment de la résolution longitudinale, la fréquence d’images étant aujourd’hui au maximum de 150/s.  Pour l’analyse des images, nous disposons d’une reconstruction longitudinale (Longview) et d’images de coupes.  Une synchronisation de deux acquisitions est possible en recalant les pullbacks à partir de repères anatomiques, afin de comparer les mêmes segments artériels. Une mesure automatisée de la surface artérielle, de la surface du stent est possible, il est important de s’assurer de la bonne calibration du cathéter avant d’effectuer les mesures. Conclusion L’OFDI offre une imagerie d’excellente résolution des couches les plus superficielles de la paroi vasculaire et des endoprothèses coronaires.   Cette technique peut contribuer, comme l’IVUS, à lever certaines ambiguïtés morphologiques, à apprécier le résultat immédiat de procédures d’angioplastie, mais aussi à suivre l’évolution à distance des stents.     Cas clinique → Il s’agit du cas d’un patient âgé de 68 ans ayant un SCA ST-.  Figure 1. L’angiographie (A) montre une monolésion ostiale circonflexeUne imagerie OFDI (Lunawave™, Terumo, acquisition à 20 mm/s) est réalisée sur retrait circonflexe.  B : dernière coupe de la carène ; C : première coupe ostiale circonflexe ; D : coupe au niveau de la sténose critique (plaque athéromateuse rompue avec charge thrombotique limitée responsable d’une sténose subocclusive).  La décision de stenting au ras de l’ostium circonflexe est prise en raison d’une discongruence de calibre circonflexe/tronc commun et de l’existence d’une landing zone (sizing guidé par OFDI : DES 3,0 x 15 mm).  L’angiographie post-stenting (A’) et une imagerie OFDI avec recalage des acquisitions sur repères anatomiques (carène et nodule calcifié intrapariétal visible à 3 h) sont réalisées. B’, C’, D’ : les images comparatives montrent le non-débordement des mailles dans la bifurcation, l’absence de dissection d’amont ou d’aval, l’absence de sous-déploiement ou de malapposition.  Figure 2. Exemples d’images OFDI obtenues avec console Lunawave™, Terumo.  A : possibilité de mesures sur coupes issues de la reconstruction longitudinale des différentes surfaces et diamètres. B : la fiabilité de l’autocalibration est validée par des mesures de surfaces connues : par exemple, la lumière interne du cathéter porteur 6 F (1,80 mm2).  C : la résolution de l’imagerie OFDI, de l’ordre de 10 microns, permet d’observer des détails comme la protrusion de matériel thrombotique autour des mailles. D : l’image OFDI de la console Lunawave™ est proposée par défaut en échelle de gris. Possibilité d’obtenir une vue longitudinale afin d’effectuer des mesures.  Figure 3. Réalisation d’une OFDI au cath-lab du CHU de Clermont-Ferrand. Testé pour vous Cette rubrique vise à vous informer sur les matériels les plus récents. L’industriel choisit l’expert qui teste le matériel et la rédaction de CATH’LAB n’intervient pas sur l’information délivrée. Il ne s’agit pour autant pas d’un publirédactionnel, l’auteur ayant toute liberté pour s’exprimer.

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