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Lu pour vous

15 juin 2020

Pourquoi c’est si cher ?

Jimmy DAVAINE, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris
Le coût de l’hospitalisation d’un patient atteint d’artériopathie périphérique (AP) est 6 fois supérieur à celui d’un patient n’ayant pas d’AP. Près de 20 % des patients revascularisés pour AP vont être réadmis en hospitalisation dans le mois qui suit leur sortie. Quels sont les facteurs hospitaliers de ce surcoût et sur lesquels agir ? Cette étude de cohorte canadienne rétrospective monocentrique a été menée de 2007 à 2016. Les patients inclus avaient eu une revascularisation et ceux à haut coût (> 10e percentile) on fait l’objet d’une analyse par régression logistique. Résultats 3 084 patients ont été identifiés. Dans la tranche des 10 % les plus coûteux, le prix était de 88 000 $ versus 16 000 $ en moyenne pour le groupe des 90 % restants (rapport de 5). Le groupe à coût élevé était plus âgé, avait plus de co-morbidités, un score prédictif de mortalité plus élevé et plus d’antécédents d’AP que le groupe des 90 % restants. Les patients « coûteux » étaient plus souvent admis en urgence, leur durée de séjour était plus longue et ils présentaient plus de complications opératoires. Enfin, le taux d’amputation y était 2 fois plus élevé (40 %). Dans ce même groupe, moins de la moitié des patients ont été renvoyés au domicile et la mortalité hospitalière était significativement plus élevée que dans le reste de la population (18 % vs 3 %). Les facteurs déterminants en analyse par régression logistique étaient l’admission en urgence, le fait d’habiter dans un grand centre urbain, d’avoir un revenu faible (dans le quintile le plus bas). Le passage en soins intensifs, un score prédictif de sévérité élevé et une procédure hybride (par opposition à endovasculaire ou chirurgie pure) augmentaient le coût. Parmi les facteurs modifiables on retrouve un antécédent d’AP suggérant que pour ces patients une amélioration des programmes de surveillance extrahospitaliers serait bénéfique. Les complications, infectieuses en particulier, doivent être limitées au plus en suivant scrupuleusement les protocoles infectieux. La mortalité des patients du groupe le plus coûteux est supérieure à ce qui est prédit par les scores, suggérant que des scores spécifiques pour ces patients seraient bénéfiques. Enfin, une revascularisation est plus coût-efficace qu’une amputation d’emblée.

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